Pourquoi le pinot noir ?
Parce que c’est le roi incontesté du vignoble neuchâtelois : le cépage bourguignon recouvre 55% des 600 hectares de vignes du canton. C’est aussi le plus planté en Suisse, avec 3800 ha sur les 14’600 du vignoble (26%). A Neuchâtel, il bénéficie de conditions idéales pour s’exprimer. Vinifié en blanc (Perdrix blanche), en rosé (œil-de-perdrix), il donne sa plénitude en rouge, exprimant toute la finesse de son caractère unique.
Depuis le début des années 2000, le pinot noir est de plus en plus souvent vinifié par terroirs distincts, sur le modèle bourguignon. La création des Climats neuchâtelois vise à promouvoir ces crus forcément singuliers, qui ont encore gagné en qualité avec l’arrivée d’une nouvelle génération de vignerons.
Le pinot noir est un cépage extrêmement ancien. Son âge exact reste inconnu, mais il est probable qu’il ait plus de 1000 ans, selon l’estimation de l’ampélographe valaisan José Vouillamoz. Certains experts affirment, sans preuve formelle, qu’il aurait été domestiqué à partir de vignes sauvages du nord-est de la France.
Cette ancienneté fait du pinot noir le père (ou la mère, avec les cépages on ne sait jamais) d’une descendance nombreuse. Il est notamment à l’origine de 21 croisements spontanés avec le gouais blancs qui ont donné naissance au chardonnay, au gamay ou encore à l’aligoté.
Mais il n’est pas à l’origine du pinot blanc ou du pinot gris comme on le pense parfois : génétiquement, il s’agit d’un seul et unique cépage qui a connu des mutations de couleur. Il n’est ainsi par rare d’observer dans la même grappe de pinot noir – donc un seul ADN – des raisins bleus, mais aussi rosés (pinot gris) ou verts (pinot blanc).